Visite guidée

Plaquette de la visite guidée

 
 
Plaquette de la visite guidée

     

 

En 1860, lors du rattachement de Nice à la France, la préfecture des Alpes-Maritimes fut installée dans l'ancien palais des rois de Sardaigne.

De 1388 à 1860, à l'exception de la période de la Révolution et de l'Empire, le pays de Nice fit partie du comté de Savoie, élevé en 1416 au rang de duché. En 1713, le duc de Savoie devint aussi roi de Sicile, puis en 1720, roi de Sardaigne.

Les origines du palais ducal, actuellement préfecture, sont très mal connues. Son existence est attestée seulement à la fin du XVIe siècle. Sa construction aurait été achevée en 1613, quelques temps avant la visite à Nice de Charles-Emmanuel Ier qui arriva en janvier 1614.

Le palais figure sur les vues de Nice au XVIe siècle. Vers l'ouest, il jouxte le couvent des Dominicains (palais de justice actuel) au nord, sa façade borde la place Saleya (rue de la préfecture) vers l'est, une importante rangée de maisons le sépare de la rue Saint-Gaétan, au sud, sa façade donne sur un jardin aménagé sur des terrains libérés par le recul des remparts vers la plage.

Sur la vue de 1610, l'aspect du monument est beaucoup moins précis : c'est une grande maison massive, dépourvue de caractères notables. La représentation figurant sur le plan de 1675 est plus flatteuse : le palais recouvre la totalité d'un îlot bien délimité. Il se compose de trois corps de bâtiments disposés en U autour d'une cour largement ouverte vers le midi, sur le jardin. L'élévation comporte cinq niveaux.

Les relevés de l'architecte Ribotti, en 1815, restituent une image plus modeste de l'édifice qui ne possède que quatre niveaux. L'espace qu'il occupe est un quadrilatère irrégulier, enserré à l'est et à l'ouest par des blocs de maisons vétustes.
Les ailes latérales se réduisent en fait à deux pavillons d'angle, détail que l'on peut encore remarquer de nos jours contre la façade sud. Ce palais ne semble pas avoir subi d'importantes modifications jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Presque tous les ducs de Savoie et rois de Sardaigne y résidèrent durant leur séjour niçois, occupant « l'étage noble ».

Le palais était aussi la résidence du gouverneur de la ville et du comté, et un peu plus tard, également celle de l'intendant. C'est pour cette raison que les niçois l'appelèrent aussi « palais du gouvernement ». Le prince Maurice, gouverneur à partir de 1642, y donna des fêtes brillantes et des spectacles. Les séjours de Charles-Emmanuel II, en 1666 et de Victor-Amédée II en 1689, furent marqués de même par des réjouissances.

En 1713 et 1714, Victor-Amédée II, devenu roi de Sicile, y fit étape en se rendant à Palerme pour son couronnement et à son retour.

En 1793, le palais fut affecté à l'hôpital militaire. Le préfet Dubouchage, en 1810, obtint d'y installer la préfecture, mais son voeu ne put être réalisé avant la chute de l'Empire. Le jardin au sud fut aménagé en place.

La restauration sarde rendit au palais son ancienne destination. Des travaux de rénovation s'avéraient indispensables. L'architecte Scoffier les conduisit de 1818 à 1825, à la veille de l'arrivée à Nice du roi Charles-Félix. La façade sud fut harmonisée, le vestibule et l'escalier d'honneur furent reconstruits, les appartements royaux réamenagés avec le concours du peintre Barberi.

Le mobilier fut reconstitué avec l'aide de prélèvements dans les palais de Turin et au palais royal de Gênes.

Charles-Félix retourna à Nice en 1829-1830, son cousin et successeur Charles-Albert en 1836, enfin le dernier roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel II y passa plusieurs mois en 1856-1857 et reçut à dîner l'impératrice de Russie et plusieurs princes qui « hivernaient » à Nice.

Après le traité de Turin, le 14 juin 1860, le roi fit remettre officiellement le palais et son mobilier au gouvernement de Napoléon III.
L'empereur et l'impératrice vinrent recevoir l'hommage des niçois en septembre 1860.

En prévision de leur venue et de l'installation de la préfecture, le palais continua à recevoir des embellissements. Ceux-ci étaient d'autant plus nécessaires que Nice était devenue la  « capitale de l'Europe monarchique et aristocratique ».

Les séjours fréquents de nombreux chefs d'Etat ponctuaient une vie mondaine des plus brillantes que la diplomatie de l'Empire puis de la République devait mettre à son profit, en recevant ces hôtes dans un cadre plus adapté à ces fastes.

De 1867 à 1907, le palais de la préfecture acquit son aspect définitif.

A l'est, l'expropriation des vieilles maisons de la rue Saint-Gaétan permit la construction d'une aile importante. A l'ouest, la démolition du vieux couvent des Dominicains, remplacé par le palais de justice, fut aussi l'occasion d'un agrandissement. Une nouvelle salle des fêtes put être aménagée au nord et inaugurée en 1896. L'architecte départemental Sabatier entreprit de restructurer les appartements et embellit la façade d'une nouvelle ornementation, plus riche, avec des colonnes surmontant la porte principale. Lucien Barbet poursuivit son oeuvre qui s'acheva en 1908 avec la galerie Jules Chéret, au midi.

Les locaux du conseil général furent aménagés dans l'aile est, la façade principale reçut la composition monumentale que nous admirons toujours, avec sa double colonnade au rythme vigoureux, d'un effet élégant.

Pendant la « Belle Epoque », la préfecture des Alpes-Maritimes vécut des heures brillantes. Napoléon III y reçut le tsar Alexandre II en 1864. En 1889, Sadi Carnot vint y rencontrer Léopold II, roi des belges, Oscar II de Suède...Félix Faure y eut comme hôte le tsarevitch Nicolas. Le roi des belges y fut invité en 1909 par le président Fallières, accompagné de Clémenceau. Après la grande guerre, le livre d'or a continué de s'enrichir de noms parmi les plus illustres de l'époque contemporaine.

A l'occasion du centenaire du rattachement de Nice à la France, en 1960, le général de Gaulle logea à la préfecture et y présida un dîner de gala.

Depuis 1982, date de la décentralisation, le palais reste le siège de la résidence du prefet, tant en ce qui concerne les appartements privés du deuxième étage que les salons de réception du premier étage. Le président du conseil général y dispose toutefois dans l'aile droite d'un appartement de fonction qui était auparavant occupé par le secrétaire général de la préfecture.

En Février 2001 a eu lieu, dans la grande salle à manger, la signature du Traité de Nice par les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, en présence du Président de la République et du Premier Ministre français.