QUELLES SONT LES ACTIONS DE PRÉVENTION MISES EN OEUVRE ?

 
 
Les actions de prévention du risque Sanitaire concernent la santé humaine et la santé animale. Ces actions doivent permettre de limiter les conséquences d'une catastrophe sanitaire.

> En santé humaine

=> La gestion des risques sanitaires se traduit par :

  • l'élaboration de normes, garantissant un niveau élevé de protection sanitaire, et de règles encadrant certaines activités (normes, lois, guides de bonnes pratiques, autorisations, décisions de police sanitaire…),
  • la production de plans de réponses aux urgences sanitaires et aux situations exceptionnelles (ex : plans de pandémie grippale, plans blancs, plans biotox…),
  • l'information des populations et le développement d'une culture partagée du risque dans la société (ex : campagne de sensibilisation, éducation…).

L’Agence régionale de santé (ARS PACA ) met en œuvre de nombreux programmes visant à prévenir les risques de maladie et à réduire les inégalités de santé dans la population. Ces programmes peuvent cibler des publics spécifiques (personnes âgées, adolescents…), des milieux où des risques particuliers sont identifiés (santé au travail, à l’école…), des pathologies (souffrance psychique, dépistage du cancer…) ou encore porter sur certaines pratiques (bon usage du médicament, sexualité…). Il s’agit des plans grand froid, canicule, chikungunya/dengue/zika, pandémie grippale, infections sexuellement transmissibles, conduites addictives, risque du soleil, vaccination.

La santé-environnementale définit les « aspects de la santé humaine et des maladies qui sont déterminés par l’environnement ». Cela se réfère également au contrôle et à l'évaluation dans l’environnement des facteurs qui peuvent potentiellement affecter la santé.

=> Ces risques sont :

  • la pollution de l’eau, de l’atmosphère ou du sol (amiante, plomb, OGMOrganismes génétiquement modifiés…),
  • la consommation d’aliments pouvant être contaminés par des polluants chimiques ou biologiques (encéphalopathie spongiforme bovine…),
  • les problèmes de pollution ou d’intrusion lumineuse (éclairages nocturnes perturbant le sommeil et les systèmes hormonaux),
  • la pollution dans les milieux clos (habitat insalubre, intoxications au monoxyde de carbone, punaises de lit, …),
  • la pollution sonore (causée par les transports et les industries notamment),
  • les champs électromagnétiques.

Ces facteurs, de par leur diversité, leur nouveauté et le manque de connaissance qui peut les caractériser, sont pour certains difficiles à qualifier, à quantifier, et donc à gérer. Pour de nombreux risques de santé liés à l'environnement, les connaissances sont encore parcellaires, incertaines, voire inexistantes. L’apparition des effets sanitaires de certains produits est parfois différée, rendant difficile l’identification des liens de cause à effet (amiante).

De nombreux facteurs rendent également difficile l’évaluation des risques sanitaires environnementaux : inégalités sociales face à la santé, accès aux soins, risques sanitaires liés au tabagisme et à la consommation d’alcool, risques sanitaires liés aux expositions professionnelles…

En cas d’incertitude de certains facteurs sur la santé, les pouvoirs publics adoptent le principe de précaution. Celui-ci plaide pour un risque maitrisé qui met en œuvre une action proportionnée, consentie par les parties en jeu et garantie par une expertise scientifique.

> En santé animale

=> Les dangers sanitaires sont classés en 3 catégories :

  • La 1ère catégorie : il s’agit des dangers sanitaires susceptibles de porter une atteinte à la santé publique, ou à mettre gravement en cause les capacités de production nationale ou la salubrité de l’environnement. Ces dangers requièrent des mesures de prévention, de surveillance ou de lutte définies et imposées par l'état, dans un but d'intérêt général.
  • La 2ème catégorie : ce sont les dangers sanitaires affectant l’économie d’une filière animale ou végétale, et pour lesquels des programmes collectifs, volontaires ou rendus obligatoires, sont définis pour pouvoir efficacement conduire des mesures de prévention, de surveillance ou de lutte.
  • La 3ème catégorie : la maitrise des dangers relève de l’initiative individuelle privée. Ce champ mérite pour autant un accompagnement particulier des individus/entreprises afin qu’ils bénéficient de la part des organisations professionnelles et/ou de l’État de formations et de conseils adaptés leur permettant d’améliorer le niveau global de la gestion sanitaire de leur entreprise et du territoire.

L’évaluation des dangers sanitaires est confiée à l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES ).

risque sanitaire actions de prévention photo

> La catastrophe sanitaire

On entend par catastrophe sanitaire tout évènement entrainant une crise majeure pendant laquelle, par définition, la réponse sanitaire en place n’est plus suffisante pour prendre en charge l’afflux de victimes. Cette situation entraine inexorablement une désorganisation du système de soin habituel. Une catastrophe sanitaire se distingue à la fois par le nombre de victimes et leur apparition dans un intervalle de temps restreint.

=> On peut répertorier les aléas à l’origine d’une catastrophe sanitaire en plusieurs catégories :

  • risques technologiques (AZF, Tchernobyl),
  • risques naturels (tsunami en Indonésie, tremblement de terre au Pakistan, Ouragan Katrina en Nouvelle Orléans, inondations au Bangladesh…),
  • risques terroristes hors NRBC - Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique - (attentats du 11 septembre 2001 à New York, attentats du 11 mars 2004 à Madrid) et NRBC (attentat au gaz sarin à Tokyo en 1995, anthrax, potentielle menace variole),
  • risques épidémiques (pandémie de grippe, SRAS, peste, rage, chikungunya, dengue, variole, virus Ébola).

Dans chacun de ces exemples on dénombre un potentiel de victimes très élevé avec une croissance de leur nombre très rapide dans le temps. La capacité de réponse du système de soin présent dans la zone où se déroule la catastrophe est dépassée et des renforts sont nécessaires. Le temps est un enjeu central de la réponse à mettre en œuvre dans ce genre de contexte.

La gestion de crise sanitaire reprend les caractéristiques de la gestion de crise. La gestion des situations d'urgence comprend la coordination et la conduite des opérations de secours en cas de crise. Il s'agit notamment de :

  • renforcer les moyens humains disponibles dans les secteurs touchés par l'évènement avant que le système de soins ne soit entièrement dépassé,
  • posséder, en quantité suffisante, les produits de santé nécessaires à la prise en charge des victimes et à la protection des personnels soignants,
  • être en capacité de mettre en place les outils logistiques adéquats dans les meilleurs délais.
catastrophe sanitaire photo