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Les Alpes-Maritimes, département pilote en matière d'égalité femmes-hommes

 
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Le Club égalité des Alpes-Maritimes a été lancé le mardi 20 janvier 2015 par M. Adolphe Colrat, Préfet des Alpes-Maritimes, en présence de Mme Gaëlle Lenfant, Vice-Présidente du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, représentant M. Michel Vauzelle, M. Pascal Nappey, Directeur départemental adjoint de la cohésion sociale, Mmes Françoise Rastit, Déléguée régionale aux droits des femmes et à l'égalité, Natacha Himelfarb, Chargée de mission aux droits des femmes et à l'égalité, et Anne-Gaël Bauchet, Directrice d'Alter-Egaux, d'élus et de représentants des entreprises.

La loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes vise à consolider les droits des femmes et en garantir l’effectivité lorsqu’elle n’est pas acquise, d’ouvrir de nouvelles perspectives à l’égalité et de créer les conditions d’expérimentation utiles pour faire avancer l’égalité, mais également à imposer des règles plus contraignantes pour les entreprises comme pour les communes :

- pour les premières, l’interdiction de soumissionner aux marchés publics, délégations de service public et partenariats public-privé, en cas de non respect des obligations 

- pour les secondes, lorsqu’elles regroupent plus de 20 000 habitants, l’obligation de lancer une concertation sur la situation comparée FH (leurs obligations rejoignent celles des entreprises dans le cadre de l’exemplarité de l’État). Dix ou douze communes du département sont concernées (le dernier recensement remonte à 2007).

Objectifs :

  •  Créer une approche transversale et territoriale pour mettre en place les conditions du changement
  •  Comprendre les enjeux et connaître les outils existants pour agir
  •  Définir une ligne de programmation et un plan d’actions
  •  Mutualiser les moyens pour rendre le plan d’actions opérationnel
  •  Faciliter l’insertion professionnelle des jeunes
  •  Dynamiser le tissu économique et la compétitivité des entreprises
  •  Améliorer la qualité de l’emploi des femmes

Le chantier est d'importance et touche plusieurs domaines :

La réforme du congé parental dans un département particulièrement sous-équipé en modes de garde pourrait favoriser une répartition effective du congé alterné père-mère (surtout pour les hommes dont les salaires sont bas ou médians), ce que les employeurs n’anticipent pas.

Le travail du dimanche : un phénomène qui concerne principalement les femmes et tout particulièrement les jeunes femmes habitant en zones urbaines sensibles (ZUS). Parmi les femmes de 15 à 29 ans en ZUS, plus d’1 sur 5 travaillait de manière régulière le dimanche en 2012, alors qu’elles n’étaient que 17% en 2009. Les familles monoparentales représentent ¼ des ménages en ZUS.

La dégradation des conditions de travail : entre 2000 et 2011, le nombre d'arrêts maladie est passé de 180 à 205 millions de journées.

La distorsion entre l’évolution de la société et les modes de management : 70% des couples sont bi-actifs et seuls 44% d’entre eux ont une double journée de travail standard (de 8-9h à 17-18h), l’imbrication de la vie professionnelle sur la vie privée (et réciproquement) est indéniable avec des conséquences lourdes.

Des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes dans l’emploi sur le territoire : les femmes présentes sur le marché du travail ont plus de difficultés que les hommes à trouver un emploi, leur emploi est plus précaire et leur retraite est faible. 

Un taux de création d’activité par les femmes plus faible qu’au niveau national : le montant moyen des retraites des femmes en droits directs représente 53% de celui des hommes.

Des orientations scolaires normatives et réductrices pour les filles et les garçons : seuls 17 % des métiers, représentant 16 % des emplois, sont mixtes.

Si la mixité a progressé pour les métiers qualifiés (sauf informatique), elle est globalement en recul pour les métiers peu qualifiés (sauf quelques exceptions comme dans le transport de voyageurs).

À l’issue de la classe de troisième, plus de 20 % des jeunes – garçons et filles – vont se retrouver dans des filières « non mixtes ».Les univers non mixtes sont propices à plus de tension et le cloisonnement des filles et des garçons favorise ensuite l’incompréhension et les violences.

La sous-représentation des filles dans l’apprentissage pénalise leur insertion.

La mixité des métiers peut faire évoluer les normes professionnelles et assouplir les stéréotypes chez les jeunes.

Une concentration des filles et des garçons sur peu de métiers nuisible à l’insertion : En PACA, 50 % des femmes exercent 25 métiers différents parmi les 486 métiers répertoriés, alors que la moitié des hommes se répartissent sur 68 métiers.

Une orientation sexuée des filières défavorables pour les filles.

Pour en savoir plus : http://www.alteregaux.org/

Déléguée du Préfet : natacha.himelfarb@alpes-maritimes.gouv.fr

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